Débrider un vélo électrique : Bonne ou mauvaise idée ?

Vélo électrique rapide
25 km/h
Vitesse au-delà de laquelle l'assistance doit se couper
250 W
Puissance nominale maximale d'un vélo électrique
1 an et 30 000 €
Peine encourue pour avoir modifié la bride
L'essentiel

Débrider un vélo électrique est interdit. Un vélo à assistance électrique doit couper son assistance à 25 km/h ; modifier cette limite est puni d'un an d'emprisonnement et de 30 000 € d'amende par le Code de la route. Sans compter l'assurance qui ne joue plus et la garantie qui saute.

Le vélo électrique est toujours plus présent dans nos rues et de plus en plus de cyclistes en font leur moyen de transport de prédilection. Pédaler en souplesse et se sentir avancer à vive allure sans fatiguer peut même être grisant et, quand on prend l'habitude de se déplacer avec son engin, la tentation de raccourcir le temps de trajet existe. D'autant plus qu'un vélo électrique est équipé d'un moteur puissant.

Mais, quel que soit le niveau de cette puissance, différent d'un modèle à l'autre, il est impossible de dépasser une vitesse de pointe de 25 km/heure. Une limite fixée par la loi, qui n'est pas une limite technique. Techniquement parlant, il est possible de rouler plus vite. Ce que dit la loi et à quoi l'on s'expose en débridant son vélo, c'est ce que l'on vous explique.

Débrider un vélo électrique, ça veut dire quoi ?

L'assistance électrique repose sur un moteur et une batterie. La batterie donne un certain niveau d'autonomie à ce moteur que vous décidez de déclencher ou pas sur l'écran de commande de votre VAE.

Et, comme évoqué en introduction, en dépit de la puissance du moteur, vous ne dépasserez pas 25 km/heure en vitesse de pointe. Car votre moteur est équipé d'un mécanisme, appelé bride, qui se déclenche lorsque cette vitesse est atteinte. Sans cette bride, le moteur continuerait à donner de sa puissance et vous permettrait de dépasser les 25 km/heure.

Débrider un vélo électrique, cela signifie retirer cette bride et libérer la puissance du moteur qui, quand il donnera sa pleine mesure, vous permettra d'atteindre une vitesse supérieure. Selon les modèles, il est possible de rouler au-delà des 50 km/heure, voire plus.

L'intérêt recherché est a priori assez simple : rouler plus vite. Ceux qui le font vous diront par exemple pour se justifier qu'ils se déplacent quasi-exclusivement en VAE et ont besoin d'optimiser leur temps.

À lire aussi : quelle est la vitesse d'un VAE ? →

Ce que dit la loi

La loi autorise une vitesse maximale de 25 km/heure en VAE et tout repose sur cette base. Le Code de la route définit précisément le vélo à assistance électrique (« cycle à pédalage assisté ») par trois conditions :

Condition 1
Un moteur de 250 W maximum
La puissance nominale continue du moteur ne dépasse pas 0,25 kilowatt.
Condition 2
Une assistance coupée à 25 km/h
L'assistance diminue progressivement puis s'interrompt quand le vélo atteint 25 km/h.
Condition 3
Seulement quand on pédale
L'assistance s'arrête dès que le cycliste cesse de pédaler.

Tant que ces trois conditions sont remplies, votre vélo électrique est un vélo : pas d'immatriculation, pas de permis, accès aux pistes cyclables. Une fois débridé, il ne répond plus à cette définition et n'a plus le droit de circuler comme un vélo.

Vélo électrique d'origineVélo électrique débridé
StatutVélo (cycle à pédalage assisté)N'est plus un vélo au sens du Code de la route
Pistes cyclablesAutoriséesInterdites
Immatriculation, permisNonImpossible de circuler en règle : le vélo n'est pas homologué comme véhicule à moteur
SanctionAucuneJusqu'à 1 an d'emprisonnement et 30 000 € d'amende

Article L317-1 du Code de la route : modifier le dispositif de limitation de vitesse d'un vélo à assistance électrique, ou le faire modifier, est puni d'un an d'emprisonnement et de 30 000 € d'amende. S'y ajoutent possiblement une suspension du permis de conduire jusqu'à trois ans et l'immobilisation du vélo. Les professionnels qui vendent des kits de débridage ou débrident un vélo encourent, eux, deux ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende (article L317-5).

Débrider un vélo électrique : mauvaise idée

Au-delà de la sanction pénale, mieux vaut savoir à quoi on s'expose :

✕
L'assurance ne vous suivra pas
Si vous entrez en collision avec un piéton et que vous le blessez alors que vous roulez au-delà de la vitesse autorisée, non seulement les torts seront pour vous et vous écoperez d'une forte amende, mais vous ne pourrez pas compter sur votre assurance pour vous indemniser. Idem si vous chutez tout seul. Si vous vous blessez, si votre VAE est endommagé, tous les frais seront pour vous et cela peut chiffrer très haut.
✕
Un vélo qui s'use plus vite
Un moteur débridé se détériore plus vite qu'un moteur bridé, et vous devrez augmenter la fréquence de recharge de la batterie. Freins, pneus et cadre sont conçus pour 25 km/h, pas pour 50.
✕
Une garantie qui saute
Si, théoriquement, vous êtes encore sous garantie et que vous subissez une panne, la garantie ne s'appliquera pas et les frais de réparation seront pour vous.

Besoin d'aller plus vite ? Choisissez un engin fait pour ça

Au final, posez-vous une question : si, pour vous, la vitesse est un critère important, vaut-il mieux investir dans un VAE ou un autre engin à moteur type scooter ?

Il existe aussi des vélos électriques rapides, appelés speed bikes, conçus et homologués pour une assistance jusqu'à 45 km/h. Ils ne sont pas des vélos au sens de la loi mais des cyclomoteurs : immatriculation, assurance, casque adapté et permis sont obligatoires, et les pistes cyclables leur sont interdites. C'est la seule façon légale de rouler plus vite avec une assistance électrique.

Rouler en règle
Trouvez le vélo électrique qu'il vous faut

Sources : Code de la route, articles R311-1 (définition du cycle à pédalage assisté), L317-1 et L317-5 (sanctions du débridage).

Attribution photo : Pixabay

Questions Fréquentes

Sans bride, certains vélos électriques dépassent 50 km/h. Mais c'est illégal : un vélo à assistance électrique doit couper son assistance à 25 km/h. Modifier cette limite est puni d'un an d'emprisonnement et de 30 000 € d'amende (article L317-1 du Code de la route).
Le débridage est un délit : modifier le limiteur de vitesse d'un vélo électrique est puni d'un an d'emprisonnement et de 30 000 € d'amende, avec possible suspension du permis de conduire et immobilisation du vélo (article L317-1 du Code de la route). Le vélo n'est plus considéré comme un vélo et ne peut plus circuler légalement. En cas d'accident, l'assurance peut refuser de couvrir les dommages.
Oui. Si une panne survient sur un VAE débridé encore théoriquement sous garantie, le constructeur n'est pas tenu d'appliquer cette garantie. L'ensemble des frais de réparation revient alors au propriétaire. Le débridage entraîne aussi une usure accélérée du moteur et une autonomie de batterie réduite, ce qui augmente la fréquence de recharge.
Un vélo électrique d'origine coupe son assistance à 25 km/h : ses freins, ses pneus et son cadre sont prévus pour cet usage, et il circule légalement sur les pistes cyclables. Débridé, il roule bien plus vite que ce pour quoi il a été conçu, s'use plus vite, perd sa garantie, n'est plus couvert de façon fiable par l'assurance et expose son utilisateur à des sanctions pénales.
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