Les bienfaits du vélo électrique

Le vélo électrique, c'est du sport : selon une étude menée auprès de plus de 10 000 personnes dans 7 villes européennes, ses utilisateurs ont un niveau d'activité physique équivalent à celui des cyclistes classiques. L'effort est moins intense, mais ils roulent environ deux fois plus loin à chaque trajet.
Le développement du vélo électrique est fulgurant et il ne passe plus un jour sans que l'on en voie circuler en ville et sur les pistes cyclables. Mais si personne ne conteste ses bienfaits en termes de déplacements doux, alternative idéale à la voiture ou même aux transports en commun, le consensus est plus difficile quand on parle de bienfaits pour la santé. Les cyclistes purs et durs diront même que le VAE dénature la pratique en rendant le pédalage, sinon obsolète, beaucoup plus facile. D'autres pointeront qu'un vélo électrique reste un vélo et que faire de l'exercice, même doux et assisté par un moteur, ça reste de l'exercice. Alors voyons ce qu'il en est réellement.
Le vélo électrique, sport de fainéants
Commençons par un constat largement partagé : une personne lambda qui a ne serait-ce qu'une expérience modérée de la pratique du vélo et teste le vélo électrique vous dira qu'il est très difficile de revenir en arrière. La sensation de se sentir « porté » avec seulement quelques tours de pédale, pouvoir avaler les côtes sans serrer les dents, tout cela est grisant. Pour les défenseurs de la bicyclette classique, la conclusion est vite vue, le vélo électrique pousse des gens qui ont les capacités physiques pour fournir des efforts à ne plus en faire du tout. Le vélo électrique, c'est pour les fainéants, rien à ajouter.
Mais, concrètement, qui est concerné par cette évolution ? Un sportif acharné, qui n'aime rien plus que se dépasser, éprouver la satisfaction de l'effort accompli, ne trouvera aucun intérêt à perdre ces sensations qui, pour lui, font le sel de la pratique du vélo. On peut alors partir du principe qu'un sportif accompli adoptera le vélo électrique pour ses déplacements, à la limite, mais que, dès qu'il s'agira de partir en balade ou sortie, de se confronter à ses limites, il reviendra au vélo traditionnel. Les bienfaits du vélo électrique sont à chercher ailleurs.
Ce que dit la science : autant d'activité qu'à vélo classique
L'idée reçue a été mise à l'épreuve par le projet de recherche européen PASTA. Entre 2014 et 2017, plus de 10 000 personnes ont été suivies à Anvers, Barcelone, Londres, Örebro, Rome, Vienne et Zurich. Les chercheurs ont mesuré leur activité physique en MET-minutes par semaine : l'intensité d'un effort multipliée par sa durée. Résultat publié en 2019 : les utilisateurs de vélo électrique bougent autant que les cyclistes classiques.
| Par personne | Vélo électrique | Vélo classique |
|---|---|---|
| Activité physique totale | 4 463 MET-min / semaine | 4 085 MET-min / semaine |
| Activité liée aux déplacements actifs | 1 735 MET-min / semaine | 1 656 MET-min / semaine |
| Distance moyenne d'un trajet | 9,4 km | 4,8 km |
| Distance parcourue par jour | 8,0 km | 5,3 km |
Les écarts entre les deux groupes sont faibles (moins de 10 %) : les chercheurs concluent à un niveau d'activité équivalent.
Comment est-ce possible ? Grâce à l'assistance, on pédale avec un effort moins intense : la dépense d'énergie est 15 à 25 % plus faible qu'à vélo classique selon le niveau d'assistance. Mais on va plus loin : un trajet en vélo électrique fait en moyenne 9,4 km, presque le double d'un trajet à vélo classique. La distance supplémentaire compense l'effort en moins.
Qui y gagne le plus ?
Tout dépend de ce que le vélo électrique remplace. Les chercheurs ont comparé l'activité physique liée aux déplacements avant et après l'adoption du vélo électrique :
Repère : l'Organisation mondiale de la santé recommande au moins 600 MET-minutes par semaine, soit environ 150 minutes d'activité modérée. Pour une personne qui laisse les transports en commun pour le vélo électrique, le gain lié aux seuls trajets dépasse ce seuil. L'OMS classe d'ailleurs l'inactivité physique parmi les principaux facteurs de risque de mortalité dans le monde.
Le vélo électrique, vecteur de démocratisation de la pratique
Il est acté que ceux qui font déjà beaucoup de sport n'en feront pas moins. C'est aux autres qu'il faut s'intéresser. À tous les réticents au vélo, précisément parce qu'avancer à la seule force du pédalage est difficile, aux seniors qui se considèrent trop justes pour effectuer des efforts, etc... Pour tous ceux-ci, le vélo électrique est un moyen de reprendre une activité physique régulière en douceur. Ils ne font pas moins, mais plus de sport. Et les bienfaits sont là.
Moteur électrique ou pas, sur un VAE, on ne peut pas être passif. Même restreint, le pédalage favorise une activité musculaire. Il incite à sortir, à s'aérer, évite ainsi la sédentarité. La majorité des propriétaires de vélo électrique l'utilisent au quotidien, ce qui leur permet d'entretenir leur condition physique au jour le jour tout en garantissant leur mobilité.
Enfin, on pourrait ajouter un élément statistique : le nombre d'accidents en vélo est beaucoup moins important qu'en voiture. Privilégier le premier au détriment de la seconde fait baisser le risque de subir des dommages corporels.
Le vélo électrique, un bon moyen de perdre du poids
Le surpoids, voire l'obésité, font partie des problèmes de santé publique des sociétés occidentales. Les régimes, inadaptés en termes d'apports nutritionnels globaux et souvent mensongers, ne sont pas la solution. Le vélo électrique est une réponse possible. Il permet une remise au sport douce, régulière. En adaptant le niveau d'assistance électrique, on peut rouler une vingtaine de minutes en pédalant régulièrement, faire travailler le cœur, brûler des calories. Et, dès que la fatigue se fait sentir, en augmentant le niveau d'assistance, on termine tranquillement un trajet. Encore une fois, à cet égard, les données sont sans appel : le vélo réduit les risques d'hypertension artérielle, de diabète, affections souvent liées au surpoids.
Et, en termes d'exercice, le vélo électrique se situe entre le vélo classique et la marche rapide. Rouler à vélo, c'est aussi un anti-stress puissant. Or, il est prouvé depuis longtemps qu'être exposé au stress est un facteur majeur de la prise de poids. Les bénéfices du vélo électrique sont encore une fois avérés. Le vélo électrique est un allié objectif de notre santé, il ne faut pas le dédaigner.
Et pour la planète ?
Le vélo électrique souffre parfois d'une mauvaise réputation à cause de sa batterie. Pourtant, une fois sa fabrication prise en compte sur toute sa durée de vie, son empreinte carbone reste très faible : selon les travaux de la chercheuse Anne de Bortoli, elle est d'environ 13 g de CO2e par kilomètre pour un vélo électrique utilisé sur 20 000 km.
| Mode de déplacement | Empreinte carbone |
|---|---|
| Vélo classique | 10 à 12 g CO2e / km |
| Vélo électrique | Environ 13 g CO2e / km |
| Voiture citadine électrique | 60 à 75 g CO2e / km |
| Voiture thermique | Plus de 100 g CO2e / km |
Chaque trajet fait en vélo électrique plutôt qu'en voiture thermique émet donc plusieurs fois moins de CO2.
Sources : Castro A. et al., « Physical activity of electric bicycle users compared to conventional bicycle users and non-cyclists », Transportation Research Interdisciplinary Perspectives, 2019 (consulter l'étude) ; empreinte carbone : travaux d'Anne de Bortoli, cités par Bon Pote ; recommandations de l'Organisation mondiale de la santé sur l'activité physique.
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